•39•

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L'Alchimiste, Paulo Coelho ■


♥♥♥♥


«- Dommage ! Il aura bientôt oublié mon nom, songea-t-il. J'aurais dû le lui répéter plusieurs fois. Quand il aurait parlé de moi, il aurait pu dire que je suis Melchisédec, le Roi de Salem.
Puis il leva les yeux au ciel, un peu confus de ce qu'il venait de penser : - Je sais : ce n'est là que vanité des vanités, comme Toi-même l'as dit, Seigneur. Mais un vieux roi peut parfois avoir besoin de se sentir fier de lui.»


«- Tu as été pour moi une bénédiction. Et voici qu'aujourd'hui je comprends une chose : c'est que toute bénédiction qui n'est pas acceptée se transforme en malédiction. Je n'attends plus rien de la vie. Et toi, tu m'obliges à entrevoir des richesses et des horizons dont je n'avais jamais eu idée. Alors, maintenant que je les connais, et que je connais mes immenses possibilités, je vais me sentir beaucoup plus mal que je n'étais auparavant. Parce que je sais que je peux tout avoir, mais je ne le veux pas.»


«- Vous devriez accorder davantage d'attention aux caravanes, dit le jeune homme à l'Anglais, après le départ du chamelier. Elles font beaucoup de détours, mais se dirigent toujours vers le même point.
- Et vous, vous devriez lire davantage sur le monde, rétorqua l'Anglais. Les livres sont tout à fait comme les caravanes.»


«Quand, au bout de quelques minutes, il parvint au sommet de la dune, son coeur bondit dans sa poitrine. Illuminées par la pleine lune et la blancheur du désert, majestueuses, imposantes, se dressaient devant lui les Pyramides d'Egypte.
Il tomba à genoux et pleura.»


♥♥♥♥


Pur.
En à peine deux jours ; comment ai-je pu couvrir la bassesse et la beauté de l'homme en aussi peu de temps ??
Lire est un bonheur qui révéle de véritables merveilles livre après livre. Et la réalité peut elle aussi être cent fois plus belle : va à la rencontre de ta Légende Personnelle.


# Posté le lundi 21 avril 2008 16:07

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:41

40

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L'arbre de Judas, A.J. Cronin ■


♥♥♥♥


«Au-dehors la pluie continuait de fouetter la terrasse et les vagues d'assaillir le rivage, mais il n'entendait que le nom retentir sans cesse à ses oreilles... Mary... Mary Douglas... Mary... Douglas... ce nom qui le ramenait à Craigdoran à l'époque de sa jeunesse.»


«Bon sang ! un garçon comme lui avait bien le droit d'assurer sa réussite dans la vie. Il avait assez travaillé pour cela !
Dans l'état d'esprit où il se trouvait, il avait moins de difficulté à faire abstraction du passé pour ne plus penser qu'à l'avenir.»


«Il s'attendait que la Mary qu'il retrouverait à Markinch fût une femme d'un certain âge, aux mains usées par le travail et au regard las mais très doux, que la vie avait malmenée, mais qui pour cette raison même serait peut-être plus encline à pardonner et à accepter ses générosités.»


♥♥♥♥


Il est des romans qui vous remplissent d'une rage froide, d'une haine muette envers un individu de papier, un roman de fiction. Oui, des sentiments pareils peuvent être ressentis à la fin d'une lecture, et laisser tout pantelant. Ce roman en est la parfaite incarnation. Je ne peux que ressentir mépris, pitié, dégoût pour cet homme et avoir beau essayer de comprendre sa nature lâche... ne pas y arriver.
C'est en cela que Cronin est superbe. Il détient le pouvoir de décrire l'âme humaine dans ses faiblesses et ses multiples détours avec un parfait style littéraire. Je ne peux que vous conseiller d'autres titres de ce même auteur : Le jardinier espagnol, La dame aux ½illets, Les années d'illusion, ... où cette fois, on n'aurait pas envie de frapper le héros !

# Posté le lundi 21 avril 2008 16:23

•41•

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Chaque homme dans sa nuit, Julien Green ■


♥♥♥♥


Dans sa propriété de Wormsloe, l'oncle Horace se meurt. A Wilfred, le neveu catholique comme lui qu'il réclame à son chevet, il confie « son trésor », une épaisse enveloppe. C'est ce que cherchait fébrilement sa soeur afin de détruire les dernières traces d'un vieux scandale. Lequel, Wilfred n'ose le demander. Chacun ici le croit au courant et surtout, le prend pour un jeune homme exemplaire. Sa timidité l'empêche de protester, de crier que s'il a la foi il ne s'en laisse pas moins entraîner par le goût du plaisir : imposture dont rien ne transparaît sur son visage attirant. Contre le charme qu'il exerce, Wilfred sait se préserver. Pourtant à son tour il entend sonner l'heure de l'épreuve quand le trésor de l'oncle dont il prend connaissance déclenche une folle passion que ses principes lui interdisent. Rejeter la foi serait le seul moyen de renverser l'obstacle. Mais "chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière" et la sienne est de celles qui ne s'éteignent pas quelle que soit la violence de la tentation. Récit frémissant où se retrouvent les thèmes dominants de l'½uvre de Julien Green.

Source : Le Livre de Poche, LGF



♥♥♥♥


Hier j'ai haï.
Avant-hier j'ai été éblouie.
Aujourd'hui je pleure.

Il y a des oeuvres, bien surprenantes, qui nous font aimer, pleurer. Il y a des auteurs vieillots, toujours magnifiques. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai aimé ce roman. Aimé est bien faible, mais je n'ai guère le temps ni l'envie de chercher un vocabulaire plus adapté.
“Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière” Victor Hugo.

# Posté le lundi 21 avril 2008 16:32

Modifié le jeudi 15 mai 2008 13:54

•42•

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Expiation, Ian McEwan ■


♥♥♥♥


«- Penser à quoi ? dit-il.
Jusque-là, elle avait les yeux baissés. Quand elle reprit la parole, elle le regarda. Il ne voyait que le reflet du blanc de ses yeux.
- Tu l'as su avant moi. Il s'est passé quelque chose, non ? Et tu l'as su avant moi. C'est comme lorsqu'on est trop près de quelque chose de si énorme qu'on ne le voit pas. Même maintenant, je ne suis pas certaine d'en être capable. Mais je sais que c'est là.
Elle baissa les yeux et il attendit.»


«Elle expliqua comment la lettre lui était parvenue, sur le pont, à la tombée du jour. Comment avait-elle été amenée à l'ouvrir ? Difficile de décrire l'impulsion du moment, alors qu'elle ne s'était pas autorisée à réfléchir aux conséquences avant d'agir, ni de dire pourquoi l'écrivain qu'elle était devenue précisément ce jour-là avait eu besoin de savoir, de comprendre tout ce qu'elle rencontrait en chemin.
Elle dit : - Je n'en sais rien. J'étais poussée par une affreuse curiosité. Je m'en suis voulu.»


«Oui, bien sûr, elle n'était qu'une enfant en 1935. Il se l'était dit, Cecilia et lui se l'étaient maintes fois dit et répété mutuellement. Oui, elle n'était qu'une enfant. Mais tous les enfants n'expédient pas un homme en prison à cause d'un mensonge. Tous les enfants ne sont pas aussi déterminés et malveillants, ne restent pas aussi cohérents avec le temps, sans jamais aucune hésitation, jamais aucun doute. Une enfant, ce qui ne l'avait pourtant pas empêché, dans sa cellule, de rêver de son humiliation, d'innombrables manières de trouver une revanche.»


«Les deux soeurs se dévisagèrent. Même si Cecilia avait l'air chiffonné de quelqu'un qui vient juste de sortir du lit, elle était plus belle que ne se le rappelait Briony. Ce long visage était toujours étrange, vulnérable, chevalin, disait tout le monde, même sous l'éclairage le plus flatteur.»


♥♥♥♥


J'ai d'abord vu le film qui avait acquis mon enthousiasme. Le livre m'est tombé dans les mains et je me suis jetée comme une affamée sur la première partie.La suite m'a refroidi avec la 2GM, la fuite des soldats, l'horreur à chaque page... Je savais que ce serait de plus en plus terrible et j'ai lu plus lentement, avec de longues pauses. Je me suis interrogée de nombreuses fois pour savoir si je l'aimais ou pas. La fin du roman m'a donné la réponse.
Comme le disait une amie, le film suit exactement (à des détails près) le fil du roman. Lire le roman après nous permet une meilleure compréhension des personnages, plus de détails et un changement de mon point de vue initial.
Une lecture tragique qui nous pose la question de l'Histoire dans l'histoire.
* BA * Atonement, réalisé par Joe Wright avec Keira Knightley et James McAvoy


# Posté le jeudi 08 mai 2008 14:08

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:43

•43•

•43•
La légende de Seabiscuit, Laura Hillenbrand ■


♥♥♥♥


«C'était sans doute un cheval charmant, mais son avenir ne s'annonçait guère prometteur. Il était paresseux comme un loir et suivait à peine ses partenaires d'entraînement, trottinant derrière eux dans une félicité imbécile. L'entraînement, ne lui fit faire aucun progrès. “Les garçons qui s'occupaient de lui pouvaient en faire ce que bon lui semblait, rapporta Fitzsimmons. N'importe quoi, sauf courir le matin... Je finis par penser qu'il ne pouvait tout simplement pas courir.”»


«A terre, le jockey semblait entravé et muet, il était lent, englué dans un monde qui semblait vide après l'exaltation du grand galop. Mais en selle, affranchis de leurs corps, Pollard, Woolf et tous les autres se déployaient à quelques deux mètres au-dessus du sol, magnifiquement libres et intensément vivants. Ils étaient pareils à ces toréadors dont Hemingway disait qu'”ils vivaient jusqu'au bout”.»


«Au plus fort de ce vacarme infernal, Pollard ressentit soudain une étrange sérénité. Seabiscuit bondissait et le jockey montait et descendait en cadence avec lui. Ils respiraient ensemble. “Nous sommes seuls”, pensa Pollard.»


♥♥♥♥


J'ai été agréablement surprise. Ce qui semble être un simple livre sur un cheval (après l'étalon noir, Black, Flamme... on s'en écarte vite fait^^) est finalement un livre sur un magnifique cheval. Le ton du roman est sympathique, il emmène vite dans l'histoire et donne des informations très intéressantes sur le monde hippique, en ce temps là. Les méthodes d'amaigrissement des jockeys sont horribles ! Choquantes ! o_o. Le clou du bouquin est bien sûr Seabiscuit, un cheval qu'on ne peut manquer d'aimer. Pour finir, c'est une vraie histoire. Du coup l'intérêt s'en retrouve décuplé.
Film inspiré du livre avec Tobey Maguire :(BA)
Seabiscuit, réalisé par Gary Ross.


# Posté le jeudi 15 mai 2008 13:36

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:32

•44•

•44•
TS, Fabrice Vigne ■


♥♥♥♥


«Parce que, quand à l'école primaire on nous apprend les vingt-six lettres on peut refaire le monde entier, jusque dans les détails et ses coins invisibles, le grand tout de ce qui existe et de ce qui n'existe pas mais dont on a une idée quand même, y compris le nardir et Monsieur Bernardini. On n'en finirait plus de faire des découvertes juste avec vingt-six lettres, de quoi se faire péter la caisse.»


« IDIOSYNCRASIE [sin-kra-zî] n.f. (gr. idios, propre,
sun, avec, et krasis, tempérament). Tempérament.
Réaction individuelle propre à chaque homme.


Ceux qui ne savent pas se servir d'un dictionnaire prétendent que c'est un objet froid, sans émotions, purement utilitaire. Voilà une médisance très mesquine, et une grave imbecillité.»


«- Comment ça, “comme ça” ?
- Ben comme ça... Tu regardes les autres sans les regarder, tu leur parles sans leur parler... Tu ne participes à rien de ce qui se passe dans la classe. Quand tout le monde éclate de rire, ou proteste contre le prof, ou, tiens, un exemple, quand il se met à faire trop noir, que quelqu'un allume la lumière, et que toute la classe en choeur fait “aaaaaaaaaah”, tu ne réagis pas, tu observes seulement ceux qui crient, celui qui lance le mouvement, qui suit, qui en rajoute. On dirait que tu enregistres tout comme un ordinateur, mais que, qu'il fasse noir ou clair, au fond tu t'en fous. Alors voilà : pourquoi t'es comme ça, en retrait, spectateur ?»


«D'un seul coup, c'était trop affreux pour moi ce morceau de viande que nos organismes étaient priés de transmuter en un autre morceau de viande : nous. Je tanguais de vertige au milieu de ce troupeau de gars et de filles qui bouffaient du pot-au-feu, qui le digéraient ensemble, leurs dizaines d'estomacs, leurs kilomètres de tripes au travail, qui dans quelques heures allaient le chier, et qui recommenceraient, c'était sûr, toute leur vie, jusqu'au bout. Et qui, tous, paraissaient trouver ça normal. Et qui se croyaient les boss.»


♥♥♥♥


Un livre surprenant. Du titre au résumé et jusqu'à à la première page, nous pauvres lecteurs, sommes noyés dans cette vie mystérieuse et ne pouvons qu'en suivre le flot.Un jeune garçon refuse de suivre la vie en bloc, se réfugie dans ses mots, mais apprend pourtant peu à peu à vivre. Il nous apprend, et apprend de nous également. Je ne saurais mieux résumer, je ne pourrais que vous enjoindre de lire ce roman. Une langue parfait, d'une grande fluidité, qu'on envie... que j'envie... cet héros malheureux nous devient très proche... on aurait presque envie d'être avec lui, de lui dire “je comprend” “je suis avec toi” “parle moi”.


# Posté le samedi 24 mai 2008 11:01

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:32

•45•

•45•
Contes carnivores, Bernard Quiriny ■


♥♥♥♥


«Des images de vampire et de chirurgie du coeur me vinrent à l'esprit, et j'eus un mouvement de recul. Un sourire malicieux barra son visage.
- N'ayez pas peur, je ne vais pas vous sauter au cou pour vous croquer les veines. Mais je comprends que mon rituel du dimanche vous étonne.
- Vous buvez du sang tous les dimanches ?
- Un peu de sang dans du jus d'oranges pressées, oui, chaque dimanche depuis quinze ans. Vous aimeriez savoir pourquoi, je suppose ?»


«Pierre-Alexandre Skovski (1919-1940) : né d'un père russe et d'une mère suisse, ce garçon fut un modèle de précocité dans tous les domaines. A neuf ans, il fugue et erre quatre mois sur les routes d'Europe avant que les gendarmes l'arrêtent et le ramènent au domicile familial. A treize ans, il spécule en Bourse, gagne une fortune et achète vingt hectares de vignes que le phyloxéra ravage aussitôt. A quinze ans, il a deux fils : le premier meurt à la naissance en même temps que sa mère, le second, né d'une dame du monde quasi ménopausée, naît idiot et dépourvu du bras gauche.»


«- Tuez-le.
Je retournai la photo et vis un garçonnet de cinq ou six ans. Ses cheveux bouclés étaient bruns, son regard étrangement magnétique; il portait un bermuda et un pull-over brodé du blason d'une équipe de football italienne.
- Qui est-ce ?
- Dylan. L'enfant unique de mon fils.
- Pourquoi souhaitez-vous sa mort ?»


«Durant quatre ans, Pierre Gould a fait un rêve feuilleton dont l'intrigue reprenait chaque nuit là où elle s'était arrêtée la veille. Souvent, vers onze heures du soir, il nous saluait et partait en disant : "Je vais me coucher, j'ai hâte de savoir la suite."»


♥♥♥♥


Ma mère l'a offert à mon petit frère. J'ai lu les deux premières nouvelles en poussant des hurlements (véridique !) ... Une banderole rouge entoure ce recueil et proclame "A dévorer !" ... Et c'est vrai ! C'est terrifiant ! C'est... comment définir !? Où peut-il pêcher ces idées-là ? Wahou ! N'hésitez pas à le lire... ça se lit très bien. Après... l'acheter ou pas... Je suis bête mais j'avoue qu'il m'a plu mais que je ne l'achèterai pas pour moi. Oui, oui, ne cherchez pas la logique... Mais je le conseille ! Vous ne vous ennuierez pas !
Ci-dessus, quatre extraits de quatre nouvelles différentes.

# Posté le jeudi 26 juin 2008 10:42

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:40

•46•

•46•
Dracula, Bram Stoker ■


♥♥♥♥


«La force de sa poignée de main, en outre, me rappelait à tel point celle du cocher dont, à aucun moment, je n'avais vu le visage, que je me demandai alors si ce n'était pas encore au cocher que j'étais en train de parler. Je voulais m'en assurer :
- Le comte Dracula ? fis-je.»


«Alors la peau de ma gorge réagit comme si une main approchait de plus en plus pour la chatouiller, et ce que je sentis, ce fut la caresse tremblante des lèvres sur ma gorge et la légère morsure de deux dents pointues. La sensation se prolongeant, je fermai les yeux dans une extase langoureuse. Puis j'attendis - j'attendis, le coeur battant.»


«J'ai peur de m'endormir, avoua-t-elle.
- Peur de vous endormir ! Alors que tous, tant que nous sommes, nous considérons le sommeil comme le bienfait le plus précieux !
- Ah ! Vous ne parleriez pas ainsi si vous étiez à ma place... si le sommeil signifiait pour vous des rêves pleins de moments d'horreur.
- Des moments d'horreur ! Pour l'amour du ciel, que voulez-vous dire ?
- Je ne sais pas, je ne sais pas... Et c'est bien ce qu'il y a de plus terrible ! Cet épuisement, c'est quand je dors qu'il me vient; aussi je frémis à la seule pensée de m'endormir !
»


«Madame Mina dormait toujours. Le soleil n'était plus loin de son coucher; il jetait sur la neige une large vague jaune, et l'ombre que nous faisions était grande, longue, là où la montagne devient escarpée. Car nous ne cessions de monter, de monter; oh! que tout est donc ici sauvage et rocheux, comme si nous étions au bout du monde !»


♥♥♥♥


Je l'ai relu grâce au club de lecture. Au départ j'avoue que je n'étais pas très emballée. Le roman m'avait laissée une impression désuète et ennuyeuse. Les vampires avaient tendance en ce moment à me porter sur les nerfs... Dracula tout spécialement ! Je me suis donc "forcée" à l'ouvrir, à le lire... Le début a été facile, je me suis mise dans le "truc". L'ambiance était envoûtante, sombre et gothique. Une ambiance complétement dans l'ère romantique ! Les sensations et émotions du narrateur sont mis en avant et c'est ce que j'aime beaucoup chez Stoker. La structure épistolaire et journalistique est assez lourde à supporter... Certains narrateurs comme le Dr Seward ou Lucy, je ne pouvais les supporter ! J'ai beaucoup apprécié le couple Haker par contre. Du coup tout le passage avec Lucy m'a assez ennuyé mais la suite m'a transporté ! Finalement, une relecture qui m'a fait plaisir, un roman qui mérite son titre de "chef d'oeuvre monumental". Je vous le conseille. C'est le premier Dracula, tout de même.

# Posté le jeudi 26 juin 2008 11:09

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:32

•47•

•47•
Pour toujours... jusqu'à demain, Sarah Dessen


♥♥♥♥


«- Tu sais, dit Greg, la fille qui était dans la cuisine ce soir, pour aider Delia ?
- Ouais, répondit Tim. Celle sur qui tu as sauté ?
- Oui, bon ! fit Greg, tu sais pas qui c'est ?
- Non.
Greg a ouvert la porte arrière.
- Mais si, tu le sais. Son père...
J'ai attendu. Je savais ce que j'allais entendre, et pourtant, il fallait que j'écoute. Ces mots qui me résumaient, qui me séparaient des autres.»


«J'ai d'abord aperçu la sculpture.
Elle se trouvait sur le côté du sentier étroit, dans un espace entre deux arbres. Tout de métal rouillé, elle était immense - au moins deux mètres cinquante de large - et avait la forme d'une main ouverte. Elle était entourée d'un fer à béton, avec une chaîne de vélo qui serpentait tout du long, telle une guirlande. Dans la paume de la main, la forme d'un coeur avait été taillée, et un coeur plus petit, peint en rouge vif, était suspendu à l'intérieur, tournant légèrement sur lui-même sous la poussée de la brise qui soufflait.»


«- Alors ça, c'est trop ! Figure-toi que ce soir-là, j'avais senti un truc, je me disais que tu avais un mec, ou qu'il s'était passé quelque chose. (Elle a pointé un doigt vers Monica.) Est-ce que j'ai pas dit ça, ce soir-là ?
- Mmm-hmm, grommela Monica.
- En fait, tu avais l'air... reprit-elle, cherchant le mot, prise, tu sais ? Et puis, tu faisais presque pas attention à Tim. Je veux dire, tu faisais un peu attention à lui, mais carrément pas autant que la plupart des filles. Tu le kifais gentiment. C'était pas le kif total. Tu comprends ?
- Le kif total ? dis-je en écho.»


♥♥♥♥


Lu pour le club de lecture (bon, un peu avant :D)
Sarah Dessen reste toujours égale à elle-même, dans la même zone : amour - adolescence - douleur. Le schéma reste identique et chose étrange, il me captive toujours autant. Il y a une dose de je-ne-sais-quoi dans ce roman qui fait qu'il donne envie, qu'on le lit avec la même envie et qu'on le repose, envie satisfaite. Un roman à la tonalité douce-amère, triste, ... qui nous fait avancer cependant. C'est un regain d'espoir - pour les plus malheureux, que nous transmet ce sympathique roman.

# Posté le lundi 21 juillet 2008 14:52

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:31

•48•

•48•
La jeune fille suppliciée sur une étagère suivi de Le sourire des pierres, Akira Yoshimura


♥♥♥♥


«L'homme maigre, la cigarette toujours à la bouche, ouvrit l'autre fenêtre et souleva le couvercle du cercueil pour jeter un coup d'oeil.
Un air frais envahit aussitôt l'intérieur.
Mon corps, uniquement recouvert d'une chemise, se retrouva exposé à son regard.
- C'est une très jeune fille.
- Oui, il paraît qu'elle n'a que seize ans.
L'homme, qui semblait de bonne humeur, regardait mon visage comme s'il vérifiait la présence d'un poisson dans un panier de pêche.
- Son visage est celui d'une enfant, mais elle a un beau corps pour seize ans.
L'homme maigre détaillait mes formes sans aucun embarras.
Le jeune ne répondit pas.»


«Il était étrange qu'il eût gardé intacts les traits du jeune garçon qu'il avait été. Eichi éprouvait une curieuse sensation à l'idée de retrouver Sone dans la même université que lui.
Il le rejoignit et, légèrement essouflé, lui adressa la parole :
- Sone, c'est bien toi ?
Le jeune homme s'arrêta et se retourna.
- C'est moi, Eichi Kitaoka.
Eichi s'approchait de lui les yeux brillants.
L'autre le fixa intensément, immobile. Il le dévisageait sans gêne apparente. Puis, un léger sourire au coin des lèvres, il s'exclama, d'une voix sans véritable chaleur :
- Tiens !»


♥♥♥♥


Deux nouvelles... totalement déroutantes. Et morbides. Je l'ai pris au hasard de la curiosité, le titre n'étant pas très courant. Cela m'a laissé perplexe. Mais non indifférente. Je ne sais pas où ces deux nouvelles peuvent nous mener. Une impasse ? L'une est quelque peu sordide, dégoûtante... l'autre finit en queue de poisson, et contient une atmosphère écoeurante, étouffante. J'ai envie de lire d'autres récits du même auteur. Mais en tout cas, je ne garderais pas ce recueil dans mes annales... ou tout du moins, juste le titre.

# Posté le lundi 21 juillet 2008 14:55

Modifié le vendredi 25 juillet 2008 13:42