•19•

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Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel ■


♥♥♥♥


«Les hommes sont bizarres. Ils commettent le pire sans se poser de questions, mais ensuite, ils ne peuvent plus vivre avec le souvenir de ce qu'ils ont fait. Il faut qu'ils s'en débarrassent. Alors ils viennent me voir car ils savent que je suis le seul à pouvoir les soulager, et ils me disent tout. Je suis l'égout, Brodeck. Je ne suis pas le prêtre, je suis l'homme-égout. Celui dans le cerveau duquel on peut déverser toutes les sanies, toutes les ordures, pour se soulager, pour s'alléger. Et ensuite, ils repartent comme si de rien n'était. Tout neufs. Bien propres. Prêts à recommencer. Sachant que l'égout s'est refermé sur ce qu'ils lui ont confié. Qu'il n'en parlera jamais, à personne. Ils peuvent dormir tranquilles, et moi pendant ce temps, Brodeck, moi je déborde, je déborde sous le trop-plein, je n'en peux plus, mais je tiens, j'essaie de tenir. Je mourrai avec tous ces dépôts d'horreur en moi. Vois-tu ce vin ? Eh bien c'est mon seul ami. Il m'endort et me fait oublier, durant quelques instants, tout cette masse immonde que je transporte en moi, ce chargement putride qu'ils m'ont tous confié. Si je te dis cela, ce n'est pas pour que tu me plaignes, c'est pour que tu comprennes... Tu te sens seul de devoir dire le pire, moi, je me sens seul de devoir l'absoudre »


♥♥♥♥


Prix Goncourt Lycéen 2007. Un livre dont on ressort avec difficulté. Intriguant sous tout point de vue. Déroulement déroutant. Et puis finalement... on s'emballe, on s'intrigue, on frémit, on lit.
«Brodeck, c'est mon nom.
Brodeck.
De grâce, souvenez-vous.
Brodeck.»

# Posté le mercredi 21 novembre 2007 13:53

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:53

•20•

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Le grand silence, Robert Silverberg ■


♥♥♥♥


Résumé :
Sans même daigner faire la guerre, ou vouloir seulement communiquer, les extraterrestres ont asservi l'humanité pour régner en despotes sur notre planète. Lentement, les Terriens vaincus se sont fait une raison, et personne ne songe désormais plus à tenter quoi que ce soit contre les nouveaux maîtres du monde.
Personne, sauf le colonel Carmichael. Militaire à la retraite, il vit à l'écart dans son ranch de Santa Barbara, à la tête d'une famille hétéroclite mais bien décidée à renvoyer les aliens chez eux. Une bataille en apparence perdue d'avance, mais... David n'a-t-il pas vaincu Goliath ? Le tout est de trouver une fronde assez puissante, et cela, des générations de Carmichael vont s'y employer.


♥♥♥♥


Du pur Silverberg. De la SF. Tu aimes ? Tu veux découvrir ? Vas-y. Il n'y a pas de héros. Juste une famille. Quelle famille ! Les Carmichael. Du père au fils. De l'entêtement. Des génies. Des rebellions. Mais finalement, cette volonté de chasser l'envahisseur est toujours présente. On n'échappe pas aux Carmichael...

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 06:18

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:53

•21•

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Livret de famille, Patrick Modiano ■


♥♥♥♥


«Je pensais à mon père, répétant sa petite phrase : "ils l'auront tous in the baba." Oui, il faisait preuve d'une extrême futilité et d'une inconscience touchante. Les choses étaient beaucoup plus graves et plus tragiques qu'il ne le croyait. Mais oui, j'avais appris dans le petit livre de Reynolde le déroulement exact des opérations. Tout commencerait par les fanfares d'attaque. Que ferait la meute ? Il ne fallait pas trembler. Et d'abord, essayer de viser juste. Ne pas tirer sur les femmes, quand même. Avoir la chance de faire voler en éclat, du premier coup, la tête de Reynolde ou celle du duc. Ou celle de Landry. Ou celle de Jean-Gé.»


«Une foule immense avait envahi la rade et l'on voyait s'agiterdes milliers et des milliers de bras. Le bateau accostait et le jeune homme saluait lui aussi du bras. La foule disloquait les barrages de police, envahissait le quai et tous les visages extasiés étaient tournés vers le jeune homme, sur le bateau. Il n'avait pas plus de seize ans, son père venait de mourir, et il était, depuis hier, roi d'Egypte. Il semblait ému et intimidé par cette ferveur qui montait jusqu'à lui, cette foule délire, cette ville pavoisée. Tout commençait. L'avenir serait radieux. Ce jeune homme plein de promesses, c'était le Gros.»


«Je me souviens de tout. Je décolle les affiches placardées par couches successives depuis cinquante ans pour retrouver les lambeaux des plus anciennes. Nous passions devant ce qui fut le Winter-Palace et j'ai vu les jeunes Anglaises et les jeunes Russes poitrinaires de mil neuf cent dix. Le taxi a ralenti, s'est arrêté.»


♥♥♥♥


Un roman tel que je ne m'y attendais pas. Doux, lent, touchant. Il aborde différentes histoires par chapitre, fictives ou réelles, tout autour du nouveau-né. Des noms sont cités, connus, inconnus ? Qu'importe, cette Histoire-là nous emporte, nous donne la nostalgie de ce que nous ne connaissons pas. Une belle oeuvre de Patrick Modiano.


# Posté le vendredi 30 novembre 2007 13:28

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:53

•22•

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La Dame à la Licorne, Tracy Chevalier ■


♥♥♥♥


«- On pourrait la chasser. Voilà qui pourrait plaire à Monseigneur.
Je ne pouvais me risquer à évoquer l'histoire de la corne magique. Je dus me contenter de reprendre l'idée de Claude.
- La Dame pourrait séduire la licorne. Chaque tapisserie pourrait représenter une scène où l'on verrait la Dame dans les bois, charmant si bien la licorne par de la musique, des friandises ou des fleurs qu'à la fin celle-ci poserait la tête sur les genoux de la Dame. C'est un conte populaire.
- Pourquoi pas ? De toute évidence, cela plairait à ma fille Claude. Elle est encore à l'aube de la vie. Oui, la vierge apprivoisant la licorne pourrait convenir. Dussé-je autant souffrir d'être assise face à un tel spectacle que face à une bataille...»


«Se penchant alors, Nicolas sourit à Aliénor, tapie près du métier.
- Vous pouvez sortir, ma belle, la bête est partie.
Il lui tendit la main. Au bout d'un moment, elle la prit, le laissant l'aider à se redresser. Une fois debout, elle leva son visage vers lui et lui dit :
- Merci Monsieur.
C'était la première fois qu'elle l'avait regardé à sa façon – son regard essayant de croiser celui de l'autre sans jamais y parvenir – et le sourire de Nicolas disparut en contemplant son visage. Comme sous l'effet d'un choc. Il a fini par se rendre compte, me dis-je. Pour un artiste, il n'est pas très observateur.»


«Claude regarda sa mère puis elle se tourna vers moi, les yeux brillants de larmes. Nous étions punis tous les deux.»


♥♥♥♥


Il se lit très bien. Si vous avez aimé La jeune fille à la perle vous aimerez également ce roman. Mon reproche est juste que ça se rapproche beaucoup trop. J'ai eu l'impression de lire un deuxième La jeune fille à la perle. La même intrigue, la même fin, la même passion qu'il-ne-faudrait-pas-avoir ...
Sans beaucoup plus, quoi.

# Posté le vendredi 30 novembre 2007 13:30

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:52

•23•

Le pont, Manfred Gregor■


♥♥♥♥


«- Mes enfants, Schaubeck est mort. Les Yankees ne sont plus qu'à trente kilomètres. Tout est fichu. Je préférerais que vous décampiez. Au plus vite. Je ne peux pas vous en donner l'ordre, je n'en ai pas le droit. Mais la sentinelle de faction sous le mur ouest est prévenue. Elle vous laissera passer.
Ayant dit, avec une insistance presque intolérable, Fröhlich regarde tour à tour chacun des sept garçons. Enfin il marmonne quelque chose que jamais personne ne lui a entendu dire ainsi : - Putain de guerre, saloperie !
Ce n'a été qu'un murmure, comme peut en émettre parfois une gorge qui a du mal à retenir un sanglot. Mais tous les garçons l'ont entendu.»


«- Les méçants – méçants avions sont pa'tis !
Mais Bernhard ne bouge pas. Scholten le pousse doucement du pied :
- Tu m'entends, mon gros, tu peux te remettre à bouffer !
Bernhard ne bougeant toujours pas, Scholten continue son manège. Seul Horber, le vif, le malin, l'effronté Horber remarque quelque chose. Ou plutôt : il flaire quelque chose.
Il se précipite sur Bernhard, le prend par les épaules et le retourne. Pas de sang sur son uniforme. Mais ses yeux sont fixes, dilatés.
- Bernhard, bon Dieu, petit ! Dis quelque chose, remue-toi, fais quelque chose, Bernhard !
Horber hurle, tempête devant le corps étendu, mais ses cris s'achèvent en sanglots.
Bernhard gît là, comme s'il était parfaitement indemne. Sa bouche est entrouverte, légèrement déformée, comme sur le point de dire quelque chose. A la tempe droite, Siegi Bernhard a une petite tache sombre et quelques éclaboussures de sang.
On ne pouvait pas les voir. Dans la chute, le casque avait glissé sur la tempe.»


«Ses camarades de classe aimaient bien Borchart, sans le prendre toutefois très au sérieux. Il avait trop souvent opposé sa volonté à celle de toute la classe pour capituler finalement. Et chaque fois son prestige en était sorti diminué.
Lorsque l'ordre lui parvint de se présenter à la caserne, il en éprouva une profonde déception. Il voulait être officier, non pas fondu dans la masse. Mais devant ses camarades de classe il n'osa pas protester. A présent, perché dans son arbre, près du pont, il vient de mettre en joue un Américain qui pointe son arme sur lui.»


«Le général se prépare à partir lui-même. Il sort de la pièce, puis soudain s'arrête. Il a oublié quelque chose. Il revient alors sur ses pas et prend dans le tiroir de la grande table la photographie de sa femme dans son mince cadre d'argent.
- Dommage, songe-t-il en revoyant les visages des garçons sur le pont, dommage que nous n'ayons pas eu d'enfants !
Mais une pensée lui traverse alors subitement l'esprit : Si ton fils avait été au nombre des garçons sur le pont, aurais-tu donné le même ordre ?
Le général met la photographie dans sa poche. C'est curieux, se dit-il tout en s'efforçant d'oublier à tout prix les sept gamins, après trois années de Russie, voilà que je deviens sentimental !»


♥♥♥♥


La 2GM du côté des Allemands. La fin de la 2GM. La débandade. Gosses, vieux étaients réquisitionnés. Pour quoi ? Résister. Résister pendant que les gradés fuient. Sept jeunes la bande. Ils ne savent pas à quoi s'attendre, ils pensent encore jouer. Jouer aux Indiens ? L'horreur les rattrapera vite. Pour défendre un pont inutile des Américains, tous les idéaux seront bouleversés à jamais et leur sacrifice vain... Un livre bouleversant.
Film réalisé par Bernhard Wicki


# Posté le dimanche 02 décembre 2007 10:53

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:50

•24•

•24•
Les semailles et les moissons
Les semailles et les moissons
Amélie
La grive
Tendre et violente Elisabeth
La rencontre

Henri Troyat


♥♥♥♥


«- Je vous aime...
Amélie renversa la tête. Les lèvres de l'étranger descendaient le long de sa joue, goûtaient la peau de son menton, cherchaient le creux tiède et sensible de son cou. Cette caresse mobile, délicate, la libérait progressivement de ses craintes. Elle allait se laisser engourdir quand, subitement, elle éprouva un poids de chair sur sa bouche entrouverte. La violence du baiser lui arracha un gémissement de révolte :
- Allez-vous-en !...
Il s'écarta légèrement et elle eut l'impression qu'elle n'était plus soutenue, qu'elle allait tomber. Détendue, amollie, elle ne pouvait concevoir encore ce qui se passait en elle. La honte, le dépit, la colère se mêlaient dans son coeur à un âcre sentiment de triomphe. A travers les bourdonnements du vertige, elle entendait une respiration haletante, comme celle d'un blessé. Il ne bougeait plus. Elle dit encore :
- Allez-vous-en... On peut venir...»


«- Boris !
Il entra, grand et gauche, une joie inquiète dans les yeux.
- Après ce que vous m'avez dit, je ne pouvais pas continuer à vous parler par téléphone, murmura-t-il. Il fallait que je vous voie pour me persuader que je ne m'étais pas trompé, que je ne me promenais pas dans un rêve !
Il avançait sur elle, lentement, et elle reculait devant le bonheur en marche comme devant une menace. Arrivée dans le studio, elle se ressaisit et prononça d'une voix tremblante :
- Non, Boris.
Mais il ne l'écoutait plus. Il allait la prendre dans ses bras. Elle s'esquiva d'un vif mouvement des épaules et répéta sur un ton ferme :
- Non !
- Pourquoi, Elisabeth ?»


♥♥♥♥


Voici deux extraits du premier et dernier volume de ce cycle majestueux et tellement romanesque. Voici représenté deux vagues portraits de femmes perdues dans l'amour inconnu et l'amour interdit.
... Tant que la terre durera, les semailles et les moissons, le froid et le chaud, l'hiver et l'été ne cesseront point de s'entresuivre.


# Posté le samedi 15 décembre 2007 10:01

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:49

•25•

•25•
Farrago, Yann Apperry ■


♥♥♥♥


«Entre un point et un autre, le chemin le plus court est l'amour, j'ai pensé, et j'ai compris que toutes les souffrances de l'humanité provenaient d'un même malentendu. Les hommes couraient après un but et n'arrivaient pas à l'atteindre, tombaient amoureux et n'arrivaient pas à aimer, se rendaient quelque part et se plaignaient du voyage, voyaient le temps filer et craignaient de mourir avant d'être vieux, vieillissaient quand même et vivaient dans l'obscession de leur fin prochaine, les hommes ne prenaient en compte que le point de départ et le point d'arrivée et oubliaient le chemin qui passe entre les deux. Or ce chemin existe quoi qu'il arrive, on ne peut ni l'allonger ni le réduire, on peut au mieux le reconnaître, et pour mon compte, c'est en courant derrière Ophelia que je l'ai reconnu. Cette intuition du chemin, je ne la devais qu'à mon amour, mais j'en étais fier malgré tout. Homer, je me suis dit, il y en a là-dedans, et c'est alors que j'ai vu Ophelia quitter le sous-bois, et rejoindre la route à un demi-mile de Barnaby Bridge, le pont qui enjambe la rivière au nord de Farrago.
La brume commençait à se dissiper. L'obscurité, bientôt, serait complète, jusqu'au lever de la lune. Ophelia, dans la pénombre, retrouvait ses formes, le dessin de ses hanches, sa peau laiteuse et sa chevelure rousse. Il y avait tout juste assez de lumière pour me permettre de dire que c'était elle, Ophelia, et qu'on avait bel et bien franchi, ensemble, ce vaste territoire qui ne figure sur aucune carte et n'appartient pas à la réalité de tous les jours. Mais déjà, je sentais qu'on en était sortis, ou qu'il ne se laissait plus percevoir. Il s'était retiré de nos consciences comme une vague, il n'avait pas disparu, il ne s'était pas refermé comme les portes d'une église, non, il attendait le moment propice pour nous inviter à l'explorer encore une fois. Les vagues reviennent toujours, j'ai pensé, puis j'ai crié : "Ophelia !"
Elle avait atteint l'entrée du pont. Elle ne courait plus et s'est retournée pour me faire face. Son beau visage était en sueur, en flammes, des mèches de cheveux collaient à son front et à ses joues.»


♥♥♥♥


D'un côté, par son langage claire, simple, mélancolique et des fois difficile, il me fait penser au Rapport de Brodeck. D'ailleurs il a été également été Prix Goncourt des Lycéens. Mais de l'autre côté, il est totalement différent, autant par la situation géographique que par la situation de l'histoire elle-même. Un beau roman qui fait rêver... Le titre s'y prête bien... Farrago... Petite ville perdue...


# Posté le dimanche 06 janvier 2008 13:12

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:49

•26•

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Seul dans Berlin, Hans Fallada ■


♥♥♥♥


«Comme le président leur demandait s'ils se reconnaissaient coupables, les deux accusés répondirent par un simple "oui", qui fit sensation. Car ils avaient par ce seul mot prononcé leur arrêt de mort et rendu toute discussion superflue.»


«- Je ne crois pas qu'il tiendra encore longtemps, le Reich millénaire, dit Quangel en tournant vers le président sa tête d'aigle.
L'avocat eut un sursaut de frayeur. Un éclat de rire se fit entendre dans le public, immédiatement suivi de grondements menaçants.
- Quel salaud ! cria quelqu'un.
Le Procureur général avait bondi et brandissait une feuille de papier.
Anna Quangel regardait son mari en souriant et en l'approuvant chaleureusement. Le gendarme qui était derrière elle la saisit brutalement par l'épaule.
Un assesseur regardait Quangel, bouche bée.
Le président bondit :
- Assassin, idiot, criminel... Vous osez dire ici...»


«Le président déclara, d'un air blasé : "La question est admise, comme faisant partie de l'affaire."
- Alors, avec combien d'hommes avez-vous eu des rapports avant votre mariage ?
Une lueur s'allume dans les regards de l'auditoire. Quangel regarde Anna, qui lui fait de la peine, tant est grande la susceptibilité qu'il lui connaît sur ce point. Mais Anna Quangel a pris sa décision. De même qu'Otto a rejeté tous ses scrupules concernant ses économies, elle est maintenant résolue à être impudique devant ces hommes sans pudeur. Elle répond :
- Avec quatre-vingt-sept.
Dans l'auditoire, quelqu'un s'esclaffe. Le président sort de son demi-sommeil et considère, avec un semblant d'intérêt, cette petite ouvrière râblée aux pommettes rouges et à la poitrine bien ronde.
Les yeux noirs de Quangel ont brillé d'amusement, mais il baisse maintenant les paupières, sans regarder personne.
Le procureur balbutie, complètement déconcerté :
- Avec quatre-vingt-sept !... Pourquoi justement ce chiffre ?
- Je ne sais pas, dit Anna Quangel, impassible. Il se trouve qu'il n'y en a pas eu davantage.
- Ah ? fait le procureur, contrarié. Bon !»


♥♥♥♥


On m'a dit de ce bouquin qu'il était "absolument marquant". Je suis tombée sur un blog qui disait à peu près la même chose... J'ai commencé ce livre sous de bons augures, mais très vite, je me suis décidé à placer ce livre sous ma catégorie "se lit bien, sans plus". Pourtant, vers le milieu ou vers la fin, comme cela se produit certaines fois, rarement, d'un coup, subitement, je me suis retrouvée sous le charmes de ce livre marquant, fort, qui raconte des histoires qui se sont /ou non/ déroulées à Berlin durant la 2GM... Un livre qui se lit très facilement, qui deviendra très prenant, triste car il se doit en cette période troublée... pourtant finissant sur «la vie qui sans cesse triomphe de la honte et des larmes, de la misère et de la mort»


# Posté le dimanche 06 janvier 2008 13:14

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:49

•27•

•27•
Cette chanson-là, Sarah Dessen ■


♥♥♥♥


«- Salut ! s'exclama-t-il d'une voix enjouée. Ca va ?
- C'est quoi ton problème ? je rugis en me frottant le coude.
- Mon problème ?
- Tu m'as envoyé dans le mur, connard !
Il cligna des yeux.
- Mon Dieu, quel langage...
Je le dévisageai. Toi, mon pote, tu ne tombes vraiment pas le bon jour...
- En fait, reprit-il, comme si on était en train de discuter météo ou politique internationale, je t'ai vue dans le hall. J'étais à côté du présentoir de pneus...
Mon regard devait être chargé comme une mitraillette. Mais il continua.»


«Dix secondes plus tard, je ressentis un choc. Qu'avais-je fait ? Moi, acheter des couverts pour un petit copain ? Chris n'était plus le seul à avoir subi un lavage de cerveau par des extraterrestres. Quel genre de filles achète des articles ménagers pour un mec avec qui elle sort depuis à peine un mois ? Une désespérée qui ne rêve que mariage et bébé ! pensai-je en frissonnant. Je reposai le sachet avec une précipitation telle que je fis basculer une pile d'assiettes avec des dauphins. Le bruit fut assez fort pour attirer l'attention de Lisa.
Du calme, pensai-je, respirant profondément, puis expirant très vite (car tout Décorama digne de ce nom pue la bougie parfumée).»


♥♥♥♥


J'en ai relu deux, et je ne peux résister à vous en montrer un. Sarah Dessen écrit sur l'amour et l'adolescence. Termes connus, intrigue connu, du déjà vu. Mais Sarah Dessen a une écriture particulière, une écriture magique. Une écriture que j'aime beaucoup. Elle nous fait tellement bien ressentir les émotions des protagonistes qu'on vit l'histoire, on la vit avec eux, on la ressent avec eux. Je ne pourrais en dire plus, ne possédant pas assez de vocabulaire. Mais je vous le conseille beaucoup... à part si vous n'êtes pas du tout intéressés par ce registre (Amour.. Adolescents.. Problèmes.. ^^)


# Posté le mardi 15 janvier 2008 14:44

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:48

•28•

•28•
The Mediator - Tome 2
La neuvième arcade, Meg Cabot ■


♥♥♥♥


«- C'est reparti, ai-je dit en levant les yeux au ciel, avec cette histoire de "don". Franchement, mon père, je ne vois pas les choses de cette façon.
Vraiment pas ! Depuis que j'ai deux ans - deux ans ! -, des esprits dérangés passent leur temps à m'embêter, à me coller, à me pourrir la vie. Ca fait quatorze ans que je dois supporter leurs insultes, les aider quand c'est possible, distribuer des coups de poing quand il n'y a pas d'autre solution. Quatorze ans que je vis dans la crainte que quelqu'un découvre mon secret et crie sur les toits que je suis une anomalie de la nature (ce que je sais pertinemment, mais cherche désespérement à cacher à ma chère mère, qui en a déjà assez bavé).
»


«Je me suis arrêtée parce que, sérieusement, on n'a pas tous les jours l'occasion de croiser un dieu descendu sur Terre.
Je n'exagère pas du tout. Tad Beaumont en maillot de bain constituait un spectacle des plus attrayants. Dans la lumière bleue de la piscine, il était beau comme un Apollon, avec toutes ces gouttelettes d'eau argentée accrochées aux poils sombres qui recouvraient sa poitrine et ses jambes. Et si ses tablettes de chocolat n'étaient pas aussi impressionnantes que celles de Jesse, eh bien, il se rattrapait largement côté biceps.»


«J'avais presque tué un homme et, pourtant, je n'ai eu aucun mal à m'endormir.
Je ne plaisante pas.
Oh, j'étais fatiguée, d'accord ? Ca va, j'avais eu une journée difficile. Et ce n'est pas comme si les coups de fil reçus juste avant d'aller au lit avaient arrangé quoi que ce soit. Le père Dominic était totalement furax, et Tad me détestait. Sans parler du tonton qui était vraisemblablement un serial killer.»


♥♥♥♥


Rigolo. Frais. Facile. Plaisir de lire & donne la pêche. Que demande le peuple ? =)


# Posté le mardi 15 janvier 2008 14:45

Modifié le jeudi 21 mai 2009 11:47