■ Tête de moi, Jean-Noël Blanc ■
♥♥♥♥
«Il tire une dernière bouffée avant de placer le cigare dans le cendrier, bien à plat sur le fond, avec délicatesse. Il dit, ne croyez pas que je suis un monstre, je ne tue pas mes pisseuses à l'entraînement. De temps en temps je leur fais disputer quelques compétitions. Ca les amuse. Et puis je peux voir ce qu'elles ont dans les tripes. Je les observe pendant le match. Celles qui entrent sur le court avec l'envie de bouffer leur adversaire, c'est bon. Celles qui balancent des missiles parce qu'elles veulent atomiser la fille qui est de l'autre côté du filet, c'est très bon. Et celles qui bousillent leur raquette en la claquant sur le sol et qui vont bouder dans leur coin parce qu'elles ne supportent pas de perdre, c'est très très très bon.»
▲
«La boxe, je vais vous expliquer une bonne chose, il disait, Michel, la boxe est faite pour les gars qui veulent en finir le plus vite possible avec la trouille que leur colle le mec qui est en face d'eux sur le ring.
Et là, devant ce type, ce soir-là, j'ai pas eu cette trouille, je suis simplement allé au baston, et c'est ce qui a fait tout foirer.
C'est à cause de Lola.»
▲
«Happy birthday. Ce soir, il faudra t'habiller, mettre une robe. Laquelle ? La mauve ne me va plus du tout. La bleue ? Voilà longtemps que plus personne ne porte des emmanchures pareilles. Vas-y donc en survêtement, au moins tu seras à ton aise. Et pourquoi pas le bouquet à la main ? Ca rappellera la grande époque, les fleurs à l'arrivée, le podium, les hymnes. La tenue idéale pour le souvenir, n'est-ce pas ?»
▲
«C'est au foot que j'ai compris que chaque homme a un poids. Je parle du poids moral.
Il existe des individus qui ne pèsent pas bien lourd.»
♥♥♥♥
Du sport, du sport, du sport. Découpé en nouvelles. Intéressant, isn't it ?
Et pourtant, moi qui ne suis pas si fan de cette activité, j'ai beaucoup apprécié cet ouvrage.
Pas toutes les nouvelles, il faut reconnaître. Mais la grande majorité, oui.
M.Blanc arrive à rendre perceptible la vague d'émotion submergeant le coureur qui aperçoit la ligne d'arrivée, la détresse de l'ex-champion poids lourd, le jeune qui découvre à la fois victoire & amour, l'amertume de ne pouvoir pratiquer... La beauté du sport, le fait d'être une team, ensemble. Se tenir les coudes. Tenir coûte que coûte.
Et, ça te donne envie. Finalement.