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La Charme, Jean-François Chabas ■


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«La Charme, il était né chinois, Tape-l'incruste français-français, moi aussi mais mon père, il était portuguais. Mon nom entier, c'était Joaninho De Assis, en hommage à un grand-père brésilien, mais on a toujours dit Jo, ça je le voulais absolument, à cause du foot. Joaninho, ça sent le foot, et moi le foot je pouvais pas blairer, je trouvais que ça faisait de la peine, ces gars qui couraient derrière la baballe avant de se rouler des gamelles parce qu'ils avaient marqué un but. On peut me jeter des pierres je m'en bats l'oeil, j'ai pas honte de le dire : c'est moi, le seul mec en France qui n'a pas regardé la finale en 98. Personne n'aurait réussi à me convaincre. Avec un cric ou une grue de chantier, tu me bougeais pas pour voir un match.
Cette détestation, je suppose que ça veut dire que je dois pas avoir des litres de sang brésilien dans les veines. En tout cas, maintenant on sait pourquoi Tape-l'incruste, la Charme et moi, on était ensemble dans la cité du grand mélange; le hasard, ça donne des associations spéciales.»


«Petit à petit, pas d'un coup... Pour être juste, j'ai rien vu venir. Parce que la Charme, on avait l'habitude de le voir disparaître de temps en temps, et il se repointait avec le smile, alors on savait qu'une autre demoiselle avait été victime d'El Seductor. Je crois qu'il faut noter, parce que c'est important ces trucs, que Tsen, c'était pas du tout le genre à donner des détails, je lui ai fait ci - elle m'a fait ça. Classe jusqu'au bout. Forcément il arrivait qu'on soit au courant d'une fille qu'il avait branchée, vu que l'intimité de la cité, elle était assez maigre. Mais la Charme, c'était pas le gars complètement abruti, et le plus souvent il allait ailleurs pour ses conquêtes.»


«- Hé ! La Charme !
Je n'arrivais pas à accrocher ses yeux. Il a appuyé sur le bouton d'appel de l'ascenseur. Sur l'épaule, il avait son sac de bahut, pour faire l'embrouille avec son père et son oncle.
- La Charme, la putain de ta race, je te parle.
La cabine est arrivée, il a ouvert la porte, alors je me suis mis debout, je l'ai tiré par le bras et j'ai dit :
- Excuse-moi. Excuse. Je t'ai pas bien écouté. Parle-moi. Raconte. Je te jure que je ferme ma gueule. Tu dis tout ce que tu veux.
Il m'a enfin maté en face.
- Ok, Jo. Je monte mon sac, je dis bonsoir à mon père, et je redescends.»


«- T'énerve pas, vraiment, Tsen, mais toi tu t'appelles pas Paco, et c'est pas la même situation. Je continue à penser que tu te gruges tout seul en essayant d'aider Nieves.
- Ca veut dire Neiges. C'est joli.
- Tu me l'as déjà dit. Tsen, t'es en train de faire avec elle ce que ton père a fait avec ta mère, enfin le même genre, et tu vois bien que ça n'a pas marché.
- Sauf qu'ici y a les produits de substitutions, les centres, on est aidé. Et puis mon père était bloqué face aux Shans, trop nombreux, trop dispersés. Tandis que les dealers autour de la tess, y en a pas une armée, et c'est facile de mettre la main dessus.
- Tu veux t'attaquer aux bicraveurs ? La guerre à la dope ? T'as trop regardé Bronson, t'es pas bien, garçon. Y vont te mettre la tête dans le cul.»


♥♥♥♥


Potes. Amitié. Amour. Cité. Drogue. Fléau. Lutte. Euuh, après vous pouvez vous imaginer des trucs, c'est ce que j'ai fait avant d'entamer le bouquin... xD
Une bonne claque dans la gueule (pour rester polie :D)
J'adore le langage (typiquement agressif, mais tellement marrant, j'avoue. Recherché, quand même.). J'adore cette bande de copains qui se soutient les coudes. J'adore le narrateur qui ne sait plus qui aider, j'adore le héros qui aime et qui veut la sauver... Merci à ma bibliothécaire de me l'avoir conseillé (Part-Dieu rayon jeunesse-ados, :p)

# Posté le dimanche 23 septembre 2007 14:18

Modifié le jeudi 21 mai 2009 12:01

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